poeteCelui qui s'en allait
Celui qu'on retrouvait tous les soirs sur les quais
Dans les désordres du langage
Celui qui n'avait plus que sa joie pour bagage
Et dont l'astre brulait les registres du port
Celui qui s'engouffrait dans les voiles du sort

Tournant vers le matin ses paumes lumineuses
Celui qui se gardait une fin bienheureuse
En répondant au nom de tous les condamnés
Il est là maintenant
Son coeur est désarmé
Tandis que le soleil encombre les vitrines
Il sort de longs couteux rouillés de sa poitrine

Penché sur l'horizon  réduit du bastingage
Il regarde
Il n'a plus les ferveurs de son âge
Il ne renverse plus le monde en se levant
Tout est loin dans la rogue épaisse du levant

Pour retrouver l'éclat des santés
La jeunesse
Et le grand large avec ses marées de tendresse
La bonne odeur du jour
Il tend les bras
Il est certain de son amour.