22 mars 2019

Serge Reggiani - Enivrez-vous - Poème de Baudelaire

"Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise."

Serge_Reggiani

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14 janvier 2017

Georges Brassens - Les Trompettes de la renommée

 

Je vivais à l'écart de la place publique,
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique...
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir',
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir.
Les gens de bon conseil ont su me fair' comprendre
Qu'à l'homme de la ru' j'avais des compt's à rendre
Et que, sous peine de choir dans un oubli complet,
J' devais mettre au grand jour tous mes petits secrets.

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Manquant à la pudeur la plus élémentaire,
Dois-je, pour les besoins d' la caus' publicitaire,
Divulguer avec qui, et dans quell' position
Je plonge dans le stupre et la fornication ?
Si je publi' des noms, combien de Pénélopes
Passeront illico pour de fieffé's salopes,
Combien de bons amis me r'gard'ront de travers,
Combien je recevrai de coups de revolver !

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

A toute exhibition, ma nature est rétive,
Souffrant d'un' modesti' quasiment maladive,
Je ne fais voir mes organes procréateurs
A personne, excepté mes femm's et mes docteurs.
Dois-je, pour défrayer la chroniqu' des scandales,
Battre l' tambour avec mes parti's génitales,
Dois-je les arborer plus ostensiblement,
Comme un enfant de coeur porte un saint sacrement ?

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Une femme du monde, et qui souvent me laisse
Fair' mes quat' voluptés dans ses quartiers d' noblesse,
M'a sournois'ment passé, sur son divan de soi',
Des parasit's du plus bas étage qui soit...
Sous prétexte de bruit, sous couleur de réclame,
Ai-j' le droit de ternir l'honneur de cette dame
En criant sur les toits, et sur l'air des lampions :
" Madame la marquis' m'a foutu des morpions ! " ?

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente
Avec le Pèr' Duval, la calotte chantante,
Lui, le catéchumène, et moi, l'énergumèn',
Il me laisse dire merd', je lui laiss' dire amen,
En accord avec lui, dois-je écrir' dans la presse
Qu'un soir je l'ai surpris aux genoux d' ma maîtresse,
Chantant la mélopé' d'une voix qui susurre,
Tandis qu'ell' lui cherchait des poux dans la tonsure ?

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Avec qui, ventrebleu ! faut-il don'que je couche
Pour fair' parler un peu la déesse aux cent bouches ?
Faut-il qu'un' femme célèbre, une étoile, une star,
Vienn' prendre entre mes bras la plac' de ma guitar' ?
Pour exciter le peuple et les folliculaires,
Qui'est-c' qui veut me prêter sa croupe populaire,
Qui'est-c' qui veut m' laisser faire, in naturalibus,
Un p'tit peu d'alpinism' sur son mont de Vénus ?

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Sonneraient-ell's plus fort, ces divines trompettes,
Si, comm' tout un chacun, j'étais un peu tapette,
Si je me déhanchais comme une demoiselle
Et prenais tout à coup des allur's de gazelle ?
Mais je ne sache pas qu'ça profite à ces drôles
De jouer le jeu d' l'amour en inversant les rôles,
Qu'ça confère à leur gloire un' onc' de plus-valu',
Le crim' pédérastique, aujourd'hui, ne pai' plus.

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Après c'tour d'horizon des mille et un' recettes
Qui vous val'nt à coup sûr les honneurs des gazettes,
J'aime mieux m'en tenir à ma premièr' façon
Et me gratter le ventre en chantant des chansons.
Si le public en veut, je les sors dare-dare,
S'il n'en veut pas je les remets dans ma guitare.
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir',
Sur mon brin de laurier je m'endors comme un loir.

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Georges_Brassens

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Serge Reggiani - Le temps qui reste

 

Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien ?

Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...

J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?

Serge_Reggiani

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15 février 2016

Michael Jackson - Keep The Faith

Si tu cries fort
Est-ce que l'on t'entendra
A travers le coeur de ta soumission
Jusqu'à tes alibis
Et tu peux dire les mots
Comme tu les comprends
Mais le pouvoir est dans la croyance
Alors donne-toi une chance
Car tu peux
Gravir la plus grande montagne
Traverser la plus profonde mer
Tout ce dont tu as besoin est la volonté de le faire
Et un peu d'amour propre

Alors garde la foi
Ne laisse personne te tourner autour
Tu dois savoir lorsque
C'est le moment d'aller
Réaliser tes rêves
S'élever du sol
Garde la foi, bébé, ouais
Car c'est juste
Une question de temps
Avant que tes révélations
Ne se réalisent
Crois en toi
Peu importe ce qui t'arrivera
Tu peux en sortir gagnant
Mais tu dois garder la foi
Garde-la mon frère
Tu l'as

Et quand tu penses à la confiance
Est-ce que cela te mène chez toi
Ou alors à un endroit dont tu
N'as seulement rêver
Lorsque tu es tout seul
Et tu peux y aller au feeling
A la place des circonstances
Mais le pouvoir est dans la croyance
Alors donne-toi une chance
Je sais que tu peux
Naviguer à travers les mers
Voler au-dessus du ciel, très haut
Chaque route que tu prendras
T'y emmèneras
Si seulement tu essaies

Alors garde la foi
Ne laisses personne
Te démolir, mon frère
Garde tes yeux
A bonne hauteur
Et les pieds
Sur Terre
Garde la foi, bébé, ouais
Car c'est juste
Une question de temps
Avant que tes révélations
Ne se réalisent

J'ai dis à mon frère comment
Faire le bon choix
Lève la tête et montre
Au monde que tu as de la fierté
Vas faire ce que tu veux
Ne les laisse pas te barrer la route
Tu peux être meilleur
Mais tu dois garder la foi
Garde-la mon frère
Tu l'as
Je sais que garder la foi
Signifie ne jamais abandonner en amour
Mais le pouvoir que l'amour a
De bien le faire
Fais-le
Fais-le bien

Alors garde la foi
Ne laisse personne te tourner autour
Tu dois savoir lorsque
C'est le moment d'aller
Réaliser tes rêves
S'élever du sol
Garde la foi, bébé, ouais
Car c'est juste
Une question de temps
Avant que tes révélations
Ne se réalisent

Tu ferais mieux de te lever et d'agir
Tu voudrais bien faire
Ne fais pas l'imbécile
Pour le reste de ta vie
Base-toi sur cela mon frère
Et tu le feras un de ces jours
Va faire ce que tu veux
Et n'oublie pas la foi

Regarde-toi
Et regarde ce que tu fais maintenant
Prends du recul un instant
Et vérifie que tu vas bien
Redresse ta vie
Et la manière dont tu vis chaque jour
Retrouve-toi
Car tu dois garder la foi

Ne laisse personne te démolir, mon frère
Garde tes yeux
A bonne hauteur
Et les pieds
Sur Terre
Garde la foi, bébé, ouai
Car c'est juste
Une question de temps
Avant que tes révélations
Ne se réalisent

Elève ton esprit
Avant que ton esprit n'éclate
Certaines choses dans la vie
Tu dois les laisser de côté
Va faire ce que tu veux
Ne les laisse pas te barrer la route
Tu peux faire en sorte que cela arrive
Mais tu dois garder la foi

Garde-la mon frère
Tu dois garder la foi
Ouais garde la foi
Garde-la ma soeur
Tu dois garder la foi
Maintenant, maintenant

Je montrerai à mon frère
Comment bien faire les choses
Lève ta tete
Et montre au monde que tu as de la fierté
Va faire ce que tu veux
Ne les laisse pas te barrer la route
Tu peux en sortir gagnant
Si tu gardes la foi

Redresse-toi
Et met ton esprit à l'épreuve
Dépoussière ton derrière
Et récupère ton amour-propre
Tu me connais assez
Pour savoir que je ne joue pas
Prends-le comme tu le veux
Mais tu dois garder la foi
Vas-y

Ne laisse personne te démolir
Garde tes yeux
A bonne hauteur
Et les pieds
Sur Terre
Garde la foi, bébé, ouais
Car c'est juste
Une question de temps
Avant que tes révélations
Ne se réalisent

Mais jusqu'à ce jour
J'ai dit que tu dois y aller pour
Garder la foi

Michael-Jackson

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11 janvier 2016

David Bowie - Starman

Je ne savais pas l'heure qu'il était, les lumières étaient faibles
Je me suis penché sur ma radio
Un mec cool allait nous passer un rock très soul, qu'il disait
Et le son bruyant s'est comme évanoui
Il est devenu une voix lente sur une ondulation de phase
Ce n'était pas le DJ, c'était le nébuleux swing cosmique !

Il y a un homme des étoiles qui attend dans le ciel
Il aimerai bien venir nous rencontrer
Mais il pense qu'il nous ferait perdre l'esprit.
Il y a un homme des étoiles qui attend dans le ciel
Il nous a dit de ne pas tout foutre en l'air
Parce qu' il sait que ça vaut le coup
Il m'a dit :
Laissez les enfants le perdre
Laissez les enfants l'utiliser
Laissez tous les enfants swinger

Il fallait que j'appelle quelqu'un et c'est tombé sur toi
Hé, c'est un sacré plan, alors tu l'as entendu aussi !
Allume la TV nous pouvons le capter sur la chaine deux
Regarde par ta fenêtre, je peux voir sa lumière
Si nous pouvons briller, il peut débarquer ce soir
N'en parle pas à ton papa ou il nous fera enfermer, de peur

Il y a un homme des étoiles qui attend dans le ciel
Il aimerait bien venir nous rencontrer
Mais il pense qu'il nous ferait perdre l'esprit.
Il y a un homme des étoiles qui attend dans le ciel
Il nous a dit de ne pas tout foutre en l'air
Parce qu' il sait que ça vaut le coup
Il m'a dit :
Laissez les enfants le perdre
Laissez les enfants l'utiliser
Laissez tous les enfants swinger

David_Bowie

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05 janvier 2016

Michel Delpech - Le chasseur

Il était cinq heures du matin
On avançait dans les marais
Couverts de brume
J'avais mon fusil dans les mains
Un passereau prenait au loin
De l'altitude
Les chiens pressées marchaient devant
Dans les roseaux

Par dessus l'étang
Soudain j'ai vu
Passer les oies sauvages
Elles s'en allaient
Vers le midi
La Méditerranée

Un vol de perdreaux
Par dessus les champs
Montait dans les nuages
La forêt chantait
Le soleil brillait
Au bout des marécages

Avec mon fusil dans les mains
Au fond de moi je me sentais
Un peu coupable
Alors je suis parti tout seul
J'ai emmené mon épagneul
En promenade
Je regardais
Le bleu du ciel
Et j'étais bien

Par dessus l'étang
Soudain j'ai vu
Passer les oies sauvages
Elles s'en allaient
Vers le midi
La Méditerranée

Un vol de perdreaux
Par dessus les champs
Montait dans les nuages
La forêt chantait
Le soleil brillait
Au bout des marécages

Et tous ces oiseaux
Qui étaient si bien
Là-haut dans les nuages
J'aurais bien aimer les accompagner
Au bout de leur voyage
Oui tous ces oiseaux
Qui étaient si bien
Là-haut dans les nuages
J'aurais bien aimer les accompagner
Au bout de leur voyage

Michel-Delpech

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01 janvier 2016

Hubert-Félix Thiéfaine - Le temps des tachyons

Les forains squattent sur les pavés des villes en fête
Où les chiens se déchirent en s'arrachant la tête.
Les vagues d'intimité se voilent de brume & d'ombres
Avec le bruit du temps qui frappe à la pénombre.

Féminité pulpeuse et Beauté mystérieuse
Dans le reflet des âmes et des pensées houleuses.
C'est la noce des nues, la noce des hobos,
C'est le train de minuit qui roule au point zéro.

MC2 sur racine carrée de 1 moins V2 sur C2
Nous rêvons tous un peu de jours plus lumineux...

Là-bas, sur les terrains, vagues de nos cités,
L'avenir se déplace en véhicule blindé.
Symphonie suburbaine et sombre fulgurance
À l'heure où les sirènes traversent nos silences.

Il nous restera ça, au moins de romantique :
Quelques statues brisées sur fond de ruine gothique
Et des saints défroqués noyés dans le formol,
Avec d'étranges trainées rougeâtres aux auréoles.

MC2 sur racine carrée de 1 moins V2 sur C2
Nous rêvons tous un peu de jours plus lumineux...

Pas d'émeutes aujourd'hui dans la ville aux yeux vides,
Juste quelques hindous qui s'exercent au suicide
Et quelques fols hurlants roulant des quatre feuilles
Au terminal central des retours de cercueils.

Clairvoyance égarée dans les versets d'un drame
Où l'on achète le vent, où l'on revend les âmes,
Où les soleils austères des aurores éternelles
S'attaquent aux somnambules qui sortent leurs poubelles.

MC2 sur racine carrée de 1 moins V2 sur C2
Nous rêvons tous un peu de jours plus lumineux...

Les machines à écrire s'enflamment sur la neige,
Les auto-mitrailleuses encerclent les manèges,
La roue tourne en saignant sur son axe indécis
Entraînant des enfants aux allures de zombis.

C'est Goethe à Weimar qui n'a pas vu le temps
Futur des Dakotas dans les ténèbres en sang
C'est l'onde de chaleur, dans le désert glacé,
Qui annonce le retour des printemps meurtriers.

MC2 sur racine carrée de 1 moins V2 sur C2
Nous rêvons tous un peu de jours plus lumineux...

HFT

26 décembre 2015

Hubert-Félix Thiéfaine - Médiocratie

Question gun et machicoulis
un GI vaut 2000 hoplites
mais au rayon philosophie
on est resté chez Démocrite
on joue les chasseurs d’arc-en-ciel
meublés chez Starck et compagnie
mais on sort d’un vieux logiciel
made in Néandertal-city…

Médiocratie… médiacrité !
frères humains dans nos quartiers
ça manque un peu d’humanité
Médiocratie… médiacrité !
ça manque un peu de verbe aimer
de respect, de fraternité
Médiocratie… médiacrité !

Dans le grand jeu des anonymes
la fiction s’adoube au virtuel
on s’additionne on tchate on frime
et l’on se soustrait au réel
baisés grave et manipulés
devant nos écrans de facebook
on n’a qu’un pseudo pour rêver
et s’inventer un autre look

Médiocratie… médiacrité !
Frères humains dans nos quartiers
ça manque un peu d’humanité
Médiocratie… médiacrité !
ça manque un peu de verbe aimer
de respect, de fraternité
Médiocratie… médiacrité !
frères humains frangins damnés
sous la plage il y’a des pavés
Médiocratie… médiacrité !
des pavés bien intentionnés
pour un enfer climatisé
Médiocratie… médiacrité !

Devant toutes ces news quo nous soûlent
ces flashs qui nous anesthésient
DJ God a perdu la boule
et mixe à l’envers nos envies
devons-nous croire à un réveil
dans l’au-delà des jours fériés
avec la photo du soleil
brillant sur nos calendriers ?

Médiocratie… médiacrité !
frères humains dans nos quartiers
ça manque un peu d’humanité
Médiocratie… médiacrité !
ça manque un peu de verbe aimer
de respect, de fraternité
Médiocratie… médiacrité !

HFT

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10 décembre 2015

Georges Brassens - Mourir pour des Idées

Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente

Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une chose amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Les saint jean bouche d'or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire, en aparté
"Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"

Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort toujours recommencée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Georges_Brassens

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13 septembre 2015

Jacques Brel - Ces gens-là

D'abord il y a l'aîné
Lui qui est comme un melon
Lui qui a un gros nez
Lui qui sait plus son nom
Monsieur tellement qui boit
Ou tellement qu'il a bu
Qui fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n'en peut plus
Lui qui est complètement cuit
Et qui se prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu'on retrouve matin
Dans l'église qui roupille
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie
Et qui a l'oeœil qui divague
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne pense pas Monsieur
On ne pense pas on prie

Et puis, il y a l'autre
Des carottes dans les cheveux
Qu'a jamais vu un peigne
Qu'est méchant comme une teigne
Même qu'il donnerait sa chemise
A des pauvres gens heureux
Qui a marié la Denise
Une fille de la ville
Enfin d'une autre ville
Et que c'est pas fini
Qui fait ses petites affaires
Avec son petit chapeau
Avec son petit manteau
Avec sa petite auto
Qu'aimerait bien avoir l'air
Mais qui n'a pas l'air du tout
Faut pas jouer les riches
Quand on n'a pas le sou
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne vit pas Monsieur
On ne vit pas on triche

Et puis, il y a les autres
La mère qui ne dit rien
Ou bien n'importe quoi
Et du soir au matin
Sous sa belle gueule d'apôtre
Et dans son cadre en bois
Il y a la moustache du père
Qui est mort d'une glissade
Et qui recarde son troupeau
Bouffer la soupe froide
Et ça fait des grands flchss
Et ça fait des grands flchss
Et puis il y a la toute vieille
Qu'en finit pas de vibrer
Et qu'on attend qu'elle crève
Vu que c'est elle qu'a l'oseille
Et qu'on écoute même pas
Ce que ses pauvres mains racontent
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne cause pas Monsieur
On ne cause pas on compte

Et puis et puis
Et puis il y a Frida
Qui est belle comme un soleil
Et qui m'aime pareil
Que moi j'aime Frida
Même qu'on se dit souvent
Qu'on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu'on vivra dedans
Et qu'il fera bon y être
Et que si c'est pas sûr
C'est quand même peut-être
Parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça
Qu'elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J'ai jamais tué de chats
Ou alors y a longtemps
Ou bien j'ai oublié
Ou ils sentaient pas bon
Enfin ils ne veulent pas
Parfois quand on se voit
Semblant que c'est pas exprès
Avec ses yeux mouillants
Elle dit qu'elle partira
Elle dit qu'elle me suivra
Alors pour un instant
Pour un instant seulement Monsieur
Alors moi je la crois
Pour un instant Monsieur
Pour un instant seulement
Parce que chez ces gens-là
Monsieur on ne s'en va pas
On ne s'en va pas Monsieur
On ne s'en va pas
Mais il est tard Monsieur
Il faut que je rentre chez moi

Jacques_Brel

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